Bangalore ou la douceur de vivre

L’automne a posé son voile d’humidité sur l’hexagone, et certains d’entre vous se disent « je serais bien au soleil, dans un pays exotique, au bord de la mer !». Et a priori, le sud de l’Inde pourrait grandement correspondre au fantasme, non ? Mais peut-être pas tout le sud de l’Inde !

Bangalore est une énorme ville, énorme au sens où, d’après les autochtones, l’ensemble urbain couvre une surface « d’environ 50 kilomètres de diamètre » (ils le disent avec une nonchalance déconcertante). Les distances d’un point A à un point B sont donc considérables, c’est un fait. Mais pour parcourir une distance, aussi importante soit-elle, il faut un temps, n’est-ce pas ? Et c’est là que ça se gâte. Pour se rendre à un séminaire ou dans un slum, il est commun de prendre deux ou trois bus, avec des durées de changement plus qu’aléatoires (de quelques secondes à… 1h). Jusque-là, rien d’extraordinaire. Le problème un peu plus sérieux qui se pose, c’est que pour un trajet somme toute raisonnable, de 8 kilomètres par exemple, il faut, aux heures de pointe, environ 1h30 ! Lorsqu’il a pris conscience de cette joyeuse réalité, le voyageur de passage la joue fine : il se renseigne avant, et glisse, l’air de rien, un petit : « dis-donc, c’est loin la réunion demain ? » avant de quitter ses collègues. Mais, ne décelant pas l’anxiété (à peine masquée par un ton faussement enjoué), le résident de Bangalore, rompu aux joutes quotidiennes de véhicules en tout genre, répond par un énergique : « nooon, c’est tout près d’ici ! ». Crédule dans les premiers jours, le jeune Européen en goguette apprend au fil du temps à ne plus poser la question, ou à ne pas croire un mot de la réponse !

Se déplacer pour bosser n’est pas simple, on l’aura compris. Et c’est un peu la même chose quand il s’agit de sortir ! Dialogue du soir après une journée d’écriture : « Dis-donc, j’irais bien à l’Alliance française, il y a un concert qui a l’air cool. – Excellent, bonne idée, tu sais où c’est ? – Euh, attends, je regarde…c’est un peu au nord …genre 9 kilomètres…il faudrait prendre trois bus…-Sinon on peut regarder un film ici, hein ! ». Il est donc compliqué, à moins d’en avoir très, très envie, de prendre l’air. Et puis d’ailleurs l’air… Le gratouillement de gorge qu’on ressent dans les grandes villes françaises, les jours la pollution s’emballe, fait ici partie du pack de bienvenue.

Les vaches paissent dans les décharges a ciel ouvert tandis que certains sondent leurs entrailles à la recherche de nourriture.   Dans les slums, la pollution s’ajoute aux conditions d’hygiène précaires de la population,   Quartier de Koramangala que nous habitons. Moment plutôt calme de la journée. Maintenant on part plus tard au bureau pour être sûr de ne pas mettre 30 minutes à faire 3 kilomètres !

Mais il existe une technique radicale : boire 5 litres d’eau par jour, afin de plaquer la crasse dans la bouche ! Cette pollution est en grande, grande partie due aux véhicules, dont le nombre ne cesse de grimper. Le covoiturage ne fait pas partie des mœurs indiennes ! Et à Bangalore plus qu’ailleurs en Inde, la middle-class consomme massivement, des voitures et des motos notamment. L’autre conséquence de cette prolifération de moteurs, c’est le trafic, absolument scandaleux aux heures de bureau (comptez un large créneau 17h-21h). Plusieurs possibilités se présentent alors : rentrer à pied, ce qui équivaut à marcher avec la tête dans un pot d’échappement et à risquer sa vie à chaque traversée de route ; prendre un tuc-tuc, qui vous proposera très sérieusement (et avec le sourire !) 250 rupees pour faire 5 kms (le vrai prix étant de 10 rupees du km), et qui feindra de ne pas comprendre votre courroux ; ou, en dernier recours, monter en marche dans un bus blindé qui fait du start-stop tout le long du chemin ! Et quelle que soit la solution choisie, il faut savoir que toute cette joyeuse caravane déambule dans un concert permanent de klaxons (plus pour prévenir que pour agresser, mais ça fait du bruit quand même !).

Cauchemar alors, Bangalore ? N’exagérons pas. La ville abrite quelques beaux palais, de jolis parcs, elle dessert très bien les collines verdoyantes des environs (Nandi Hills, Savanadurgha, entre autres), et elle offre pas mal de possibilités de sorties (mais plutôt pour expats de longue durée ou occidentaux en manque de bars du pays). Et puis c’est un vrai vivier de nouvelles technologies et de créativité, abritant un nombre incalculable de buildings des grandes firmes de l’informatique. En quittant les grands axes, on trouve un peu partout des petites rues aux façades colorées, des vendeurs de fruits et légumes, des petits restos qui excellent dans la préparation des dosas (galettes à base de riz) et des petits pains divers (type porotha et chapathi), ou encore des gamins qui jouent au cricket sur un terrain vague. On croise aussi plein de sourires, et de gens qui entament une conversation sans hésiter, de sarees de différentes couleurs, de charrettes improbables qui zigzaguent sur la route pour éviter les vaches…Bref, avec un peu de détermination, on pourrait presque apprécier la ville ! De là à y vivre…

Pour le festival Darasa, qui a lieu chchaque année au mois d’octobre,  les véhicules sont décorés avec des feuilles de bananier, des fleurs ou des guirlandes  de couleur. Ça les protège contre les accidents et les éventuels incidents techniques !   Les bureaux de FEDINA ont pour voisin un joli temple hindou.   Esthétique et  mauvais gout se côtoient presqu’harmonieusement.  

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  • Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

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  • Dwi Agus, Chargé de campagnes, KPA, Jakarta, Indonésie : "Depuis des années, je vois comment vivent les gens ici, et j'en suis triste. Mon engagement est plus qu'un job, c'est un moyen de protester".

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  • Iwan, Secrétaire général, KPA, Jakarta, Indonésie : "J'ai embrassé la cause paysanne dès la fin de mes études, car l'accès à la terre est au coeur de toutes les difficultés sociales que connait l'Indonésie aujourd'hui".

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  • Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

    Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

  • Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

    Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

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