Hommage au Bhapu (père) de l'Inde

Le 2 octobre de chaque année, les indiens commémorent la naissance du Mahatma Gandhi considéré comme étant le Père de la Nation. Symbole et pionnier de l’action non violente, celui qui libera l’Empire des Indes du joug britannique en 1947 continue aujourd’hui de marquer les esprits, et d’inspirer la stratégie de nombreux mouvements protestataires.

« Il y a beaucoup de causes pour lesquelles je suis prêt à mourir mais aucune pour lesquelles je suis prêt à tuer ». Ainsi parlait le Mahatma Gandhi en 1927 alors que, lassée par un demi-siècle d’occupation britannique, la population indienne manifestait des velléités d’indépendance de plus en plus radicales. Né en 1869 d’une famille pieuse et commerçante de l’Etat du Gujarat, Mohandas Karamchand Gandhi fait des études de droit en Angleterre avant de partir en Afrique du Sud pour y défendre, en tant qu’avocat, les droits civiques de la population indienne. En développant les méthodes de désobéissance civile issue de sa théorie du combat par l’action non violente (baptisée satyagraha), il obtint quinze ans plus tard l’abrogation d’une grande partie des lois raciales. Il justifiera son succès par ces mots : « La non-violence est la plus grande force que l’humanité ait à sa portée. Elle est plus puissante que l’arme la plus destructive inventée par l’ingéniosité de l’homme ». Devenu très populaire, il rentre en Inde en 1914 poursuivre sa lutte contre l’injustice. Jeûnes, manifestations et grèves pacifistes lui permettent de remporter maintes victoires sociales, au prix de quelques séjours en prison. Aux lendemains de la première guerre mondiale, Gandhi et ses sympathisants, qui sont de plus en plus nombreux, manifestent face aux britanniques pour l’obtention d’un statut d’autonomie analogue à celui dont bénéficient le Canada et l’Australie. Bien qu’elle soit un succès, la manifestation se solde par un bain de sang, et la tension entre les deux pays grimpe en flèche. En 1921, Gandhi obtient la présidence du Parti du Congrès et radicalise la croisade pacifiste qu’il mène face à l’envahisseur. Malgré ses incarcérations fréquentes, sa stratégie non-violente lui permet de lutter, entre autre, contre la discrimination de castes (bien qu’interdit par la loi, celle-ci n’a pas eu raison d’une tradition culturelle vieille de plusieurs millénaires), pour la fraternité entre les communautés ethniques et religieuses et pour l’aide aux plus pauvres. En 1930, le satyagraha est porté à son comble : suivi par plusieurs milliers d’indiens, Gandhi entame une marche de 300km à pied jusqu’à la mer pour protester contre la taxe sur le sel imposée par l’Empire colonial. Recueillant de ses propres mains une poignée du sel litigieux, il incite ses compatriotes à défier le monopole étatique sur la distribution de cette denrée précieuse.

La marche du sel marque l'apogee de la theorie d'action non violente initiee par Gandhi

Cette manifestation est une grande réussite, mais l’indépendance de l’Inde ne demeure toujours qu’un vague et lointain espoir. En 1942, alors que l’Inde est engagée, aux côtés des britanniques, dans une guerre pour la liberté démocratique (alors qu’elle-même n’en bénéficie pas!), Gandhi lance le mouvement Quit India. Néanmoins, ce n’est que le 15 août 1947, au prix de nombreuses exécutions et d’arrestations, que le pays accède enfin à l’indépendance. Mais le rêve de Gandhi est brisé par la partition imposée par les britanniques entre le Nord-ouest et le Nord-Est de l’Inde, à majorité musulmane, partition qui débouchera sur la naissance du Pakistan (1947) et du Bangladesh (1971). Travaillant à la réconciliation des communautés religieuses qui se livrent dès lors à des luttes sanglantes, Gandhi est finalement assassiné en 1948 par un fanatique hindou.

Si la lutte du « mahatma » Gandhi pour l’indépendance de son pays a inspiré d’autres mouvements de libérations et de droits civiques à travers le monde, beaucoup d’ONGs et d’associations usent egalement aujourd’hui de la désobéissance civile pour faire valoir les droits des citoyens et des plus démunis. Suivant l'exemple du père de la nation, Ekta Parishad, ONG indienne créée en 1991 par Radja Gopal, entame en ce mardi 2 octobre une marche de 30 jours, entre Bhopal et New Delhi, afin de faire valoir le droit d’accès des populations tribales et paysannes aux ressources naturelles telles que l’eau, la terre et la forêt. Espérons que leur combat trouve autant de résonnance que celui de leur ainé!

La premiere marche pacifiste organisee par Ekta Parishad a eu lieu en 2007 et a rassemble plus de 25 000 personnes

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  • Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

    Dewi, vice Secrétaire générale, KPA, Jakarta, Indonésie: "En m'engageant avec KPA en 2007, j'ai compris que l'Indonésie est avant tout un pays agricole, même si nos dirigeants n'en tiennent pas compte".

  • Dwi Agus, Chargé de campagnes, KPA, Jakarta, Indonésie : "Depuis des années, je vois comment vivent les gens ici, et j'en suis triste. Mon engagement est plus qu'un job, c'est un moyen de protester".

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  • Iwan, Secrétaire général, KPA, Jakarta, Indonésie : "J'ai embrassé la cause paysanne dès la fin de mes études, car l'accès à la terre est au coeur de toutes les difficultés sociales que connait l'Indonésie aujourd'hui".

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  • Andri, Chargé de campagnes et de recherches, KPA, Jakarta, Indonésie : "Le gouvernement refuse d'agir au sujet de l'accès à la terre, bien que ce soit un problème fondamental. On essaye donc de créer un vrai changement social par nos actions".

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  • Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

    Roy, Secrétaire, KPA, Jakarta, Indonésie: "Depuis l'université, je suis engagée dans les mouvements étudiant et ouvrier. Aujourd'hui, je veux en apprendre davantage sur la cause paysanne, pour continuer à lutter contre les injustices".

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